Rémunération mannequin en France : distinguer cachet, droits d’exploitation et frais sans se tromper
Guide complet et pratique pour comprendre la rémunération d’un mannequin en France : cachet (salaire), droits d’exploitation d’image, frais remboursables, devis, bulletin de paie, négociation et preuves.
Shootingmode Studio

Ce dossier de référence explique, dans le cadre français, comment se décompose concrètement la rémunération d’un mannequin ou modèle entre cachet (salaire), droits d’exploitation et frais. Vous y trouverez des méthodes applicables, des exemples vérifiables, des checklists et des repères de négociation, pour les mannequins, leurs parents, comme pour les recruteurs, acheteurs d’art, photographes et agences. Les extraits de droit cités renvoient à des sources publiques : Code du travail, URSSAF, Service‑Public, CNIL. En cas de doute ou de situation particulière, rapprochez‑vous d’un conseil compétent (avocat, juriste social, expert‑comptable).
1. Pourquoi distinguer « cachet », « droits » et « frais » ?
Dans un shooting, un défilé ou une campagne, on mélange souvent salaire, licence d’exploitation d’image et dépenses logistiques. Or, ces trois volets n’obéissent pas aux mêmes règles : calcul de paie, cotisations, durée d’utilisation, justification comptable, preuves en cas de litige. Les confondre génère des devis brouillons, des bulletins de paie incomplets et des contestations d’usage de l’image. Pour un mannequin, bien distinguer chaque ligne est aussi crucial que de savoir présenter un book à jour ou fournir des polaroids nets : cela conditionne la confiance et la qualité des missions proposées.
En France, l’activité de mannequin relève d’un cadre légal spécifique. Le Code du travail prévoit une présomption de contrat de travail lorsque l’on s’assure le concours d’un mannequin moyennant rémunération. Cette présomption subsiste quel que soit le mode ou le montant de rémunération. Les prestations peuvent aussi donner lieu à une rémunération due à l’occasion de la vente ou de l’exploitation de l’enregistrement de la présentation (utilisation de l’image) distincte du salaire. Ces deux flux ne se traitent ni ne se prouvent de la même façon.
2. Le cadre légal à connaître sans interprétation hasardeuse
2.1. Définition de l’activité
Est considérée comme exerçant une activité de mannequin, même à titre occasionnel, toute personne chargée soit de présenter au public (directement ou via reproduction de son image) un produit, un service ou un message publicitaire, soit de poser comme modèle. Cette définition large couvre le défilé, le lookbook, le e‑commerce, la pub, mais aussi des poses sans exploitation ultérieure.
2.2. Présomption de salariat
Tout contrat assurant, contre rémunération, le concours d’un mannequin est présumé être un contrat de travail. Cette présomption n’est pas détruite par la liberté d’action laissée au mannequin ni par la dénomination choisie par les parties. En pratique : l’immense majorité des prestations de mannequinat en France sont salariales et doivent donner lieu à un bulletin de paie, même pour une seule journée. Voir la section « Bulletin et pièces » plus bas.
2.3. Clause obligatoire sur l’exploitation de l’image
Le Code du travail prévoit, pour les contrats conclus par les agences de mannequins, une exigence de clause écrite précisant les conditions dans lesquelles sont autorisées et rémunérées la vente ou l’exploitation de l’enregistrement de la présentation (article réglementaire R7123‑1). En clair : le contrat doit indiquer la logique de rémunération des droits d’exploitation si l’image est utilisée après la prestation.
2.4. Rémunération liée à l’exploitation
La rémunération due au mannequin à l’occasion de la vente ou de l’exploitation de l’enregistrement de sa présentation n’est pas considérée comme salaire dès lors que la présence physique n’est plus requise pour exploiter cet enregistrement et que cette rémunération dépend du produit de la vente ou de l’exploitation, et non du salaire de la prestation. Ce point explique pourquoi on distingue cachet (paie) et licence d’utilisation de l’image (hors paie), avec des pièces différentes.
Sources officielles : Code du travail, articles L7123‑1 à L7123‑10 ; fiche R7123‑1 (contrat écrit et clause image) ; URSSAF – rubrique cotisations ; Service‑Public : Droit à l’image.
3. Les trois piliers de la rémunération mannequin
3.1. Le cachet (salaire)
Il rémunère la présence et le travail de présentation (pose, marche, fitting, essayages, déplacements professionnels convenus, etc.). Il est soumis aux règles de la paie : bulletin, cotisations sociales, congés payés. Le salaire perçu pour une prestation ne peut être inférieur à un pourcentage minimum des sommes versées par l’utilisateur à l’agence, ce pourcentage étant fixé par convention ou accord collectif (vous ne le trouverez donc pas dans la loi mais dans la convention applicable).
3.2. Les droits d’exploitation d’image
Ils rémunèrent l’utilisation de l’image fixée pendant la prestation, selon des paramètres d’usage (durée, territoire, supports, volumes, option de prolongation, exclusivité éventuelle). C’est une rémunération distincte du salaire, prévue et encadrée par le contrat, qui ne suit pas les mêmes règles sociales quand elle est fonction du produit de l’exploitation (voir la source Légifrance citée). Dans la pratique, on matérialise cette licence par une cession ou autorisation écrite claire et mesurable.
3.3. Les frais
Ils couvrent des dépenses engagées pour réaliser la prestation : transports, hébergement, repas, petits achats imposés par la production (par exemple collants couleur chair spécifiques). Les frais se remboursent sur justificatifs ou barèmes convenus. Les frais avancés par une agence pour la promotion et la carrière du mannequin ne peuvent être remboursés que via des retenues successives plafonnées sur salaires et rémunérations exigibles (plafond fixé par décret). D’où l’importance de distinguer frais de mission (remboursement) et frais de carrière (avancés par l’agence, remboursables uniquement dans les limites prévues).
4. Le cachet en pratique : construire une journée claire
4.1. Ce qui relève du salaire
Tout ce qui implique la présence du mannequin pendant la prestation est du champ salarial : pose, prises de vues, répétitions, essayages, temps d’attente raisonnable dans l’enceinte du studio, déplacements professionnels prévus au planning. Un bulletin de paie est émis au nom du mannequin, avec les cotisations afférentes. L’URSSAF rappelle que la base de calcul des cotisations inclut « les sommes payées et tous les avantages consentis ». Les avantages en nature (repas fournis, transport assuré) doivent donc être appréciés et, lorsque c’est requis, intégrés selon les règles en vigueur.
4.2. Congés payés et fin de prestation
Le salarié lié à une agence par un contrat de travail a droit, pour chaque prestation, à une indemnité compensatrice de congé payé, versée à la fin de la prestation, dont le montant ne peut être inférieur au dixième de la rémunération totale due. Ce mécanisme explique la ligne « ICCP » régulièrement visible sur les bulletins de paie des mannequins.
4.3. Cas fréquents à clarifier
- Temps de sélection/casting : en principe non rémunéré, sauf accord contraire ou demande particulière assimilable à une prestation (par exemple, essayage rémunéré). Pour répondre proprement à une annonce et poser vos conditions, voir notre méthode pour répondre sans se griller.
- Essais/fit : si demandés par l’utilisateur et substantiels, ils relèvent du travail et doivent être rémunérés.
- Postures à risque (froid, eau, effort intense) : à prévoir au devis avec temps, équipements et éventuel complément. En amont, l’article les vérifications avant d’accepter aide à cadrer.
5. Droits d’exploitation : cadrer l’usage pour éviter les malentendus
5.1. Pourquoi une cession écrite et précise
Le droit à l’image, rappelé par Service‑Public, impose une autorisation de la personne reconnaissable pour exploiter son image, hors cas spécifiques. En contexte professionnel, l’autorisation doit être spécifique et proportionnée : supports, territoires, durée, langue, quantités ou audience, exclusivité éventuelle, possibilité de prolongation (et son prix). L’Agence du patrimoine immatériel de l’État (APIE) recommande une rédaction précise des champs d’utilisation pour éviter toute ambiguïté. Voir aussi : APIE – Droit à l’image des personnes et des biens.
5.2. Quand la rémunération d’exploitation n’est pas un salaire
Le Code du travail prévoit que la rémunération due à l’occasion de la vente ou de l’exploitation de l’enregistrement de la présentation n’est pas considérée comme salaire si la présence physique du mannequin n’est plus requise et si cette rémunération dépend du produit de l’exploitation (et non du salaire initial). En pratique, deux schémas existent : a) forfait de licence indépendant du cachet ; b) rémunération indexée sur les résultats d’exploitation (plus rare en photo, plus courant en audiovisuel publicitaire). Le contrat doit décrire ce mécanisme et ses preuves (rapports d’exploitation, attestations, échéances de paiement).
5.3. Exemples de périmètres d’usage
- Lookbook B2B : supports numériques privés, territoire mondial, durée 6 mois, non publicitaire, pas d’exclusivité.
- Campagne affichage urbain : France, 3 mois, format 2m² et 8m², déclinaisons digitales sponsorisées plafonnées à X impressions, exclusivité secteur « prêt‑à‑porter ».
- Réseaux sociaux organiques de la marque : monde, 12 mois, posts organiques (hors sponsorisation), sans whitelisting.
- E‑commerce : fiches produits et homepage, monde, 24 mois, A/B tests autorisés, pas de cession à des tiers marketplaces sans avenant.
5.4. Contrôler les extensions d’usage
Si un utilisateur souhaite étendre la durée, le territoire ou ajouter un support (par exemple, passer d’un web organique à une campagne sponsorisée), cela nécessite un avenant et une rémunération complémentaire. En cas de diffusion non autorisée, la CNIL et Service‑Public détaillent les voies de retrait et de plainte : consultez la page CNIL « Demander le retrait de votre image en ligne ».
6. Frais : rembourser sans confondre avec le salaire
6.1. Frais de mission
Transport (train/avion selon accord), transferts, hébergement, repas, bagages, visas éventuels, accessoires imposés par la production et non réutilisables. La politique de remboursement doit être écrite : classe de transport, plafonds, justificatifs attendus, délais de remboursement, personne en charge. Ces frais n’augmentent pas la base de cession d’image ; ils compensent un coût, point.
6.2. Frais de carrière avancés par l’agence
Composite, impressions book, développement web, tests photos, cours. Le Code du travail encadre leur remboursement via retenues successives plafonnées sur salaires/remises exigibles. Ce n’est pas un « pack obligatoire » payable d’avance en espèces : exigez un écrit et la visibilité des retenues sur les bulletins.
6.3. Pièces et preuves
Conservez : titres de transport nominatifs, factures d’hôtel, reçus taxi/VTC, quittances de repas, emails de validation. Sans pièce, le remboursement devient aléatoire. Pour éviter tout flou, envoyez avant la mission une courte politique frais à valider. Côté recruteur, expliquez comment transmettre et classer les pièces (ex. dossier partagé).
7. Devis : comment séparer clairement cachet, droits et frais
7.1. Structure recommandée
- Prestations salariales : nombre de jours/heures, taux, majorations éventuelles (nuit, dimanche si applicable), ICCP.
- Licence d’exploitation : périmètre détaillé (supports, territoires, durée, exclusivité, option de prolongation), prix et échéance.
- Frais : politique, barèmes, avances prévues, modalités de remboursement.
- Calendrier : dates de prestation, dates de livraison, jalons de paiement.
- Clauses spécifiques : validation look&feel, interdits (nudité, risques), droit de retrait limité, crédits.
7.2. Exemple de libellés utiles
- « Cachet journée de prise de vues (présence en studio 8h, 1h de pause incluse), incluant ICCP calculée selon le Code du travail. »
- « Licence d’exploitation de l’image issue de la prestation : supports digitaux organiques de la marque, monde, 12 mois, sans sponsorisation, non exclusive. Toute sponsorisation fera l’objet d’un avenant tarifé. »
- « Frais pris en charge : A/R train 2e classe, 1 nuit hôtel 3★, 2 repas plafonnés, transferts urbains. Remboursement sous 30 jours sur justificatifs. »
Pour préciser les attentes créatives dès l’annonce, orientez‑vous vers rédiger un brief casting clair et, côté talents, vers améliorer son profil en 30 min pour minimiser les allers‑retours.
8. Contrat et clauses image : ce que doit contenir l’écrit
8.1. Les indispensables
- Identification des parties et statut salarial.
- Objet précis de la prestation (dates, lieux, tâches).
- Rémunération salariale et ICCP, modalités de paie.
- Clause image conforme à l’esprit de l’article R7123‑1 : conditions d’autorisation et de rémunération de l’exploitation.
- Durée, territoire, supports, exclusivité éventuelle et prix des extensions.
- Politique de frais et justificatifs requis.
- Process de validation, mentions de crédits si prévus.
- Voies de recours, juridiction compétente, conservation des preuves.
8.2. Respect des données personnelles liées aux images
Les images identifient une personne : les principes du RGPD s’appliquent. La CNIL rappelle les critères d’un consentement valable (libre, spécifique, éclairé, univoque) et les démarches de retrait. Voir : CNIL – Recueillir le consentement et Retrait d’image en ligne.
8.3. Annexes utiles
- Feuille de présence signée.
- Récapitulatif d’usage autorisé.
- Liste de prises non publiables (si risque d’atteinte à la dignité).
- Feuille de frais et pièces.
9. Bulletin de paie et pièces : à quoi ressemble un dossier propre
9.1. Côté mannequin
- Contrat de travail signé et avenants éventuels.
- Bulletin de paie avec lignes salaire, ICCP et, s’il y a lieu, avances ou retenues prévues.
- Attestation de versement des droits d’exploitation quand ils sont dus hors paie.
- Justificatifs de frais et preuve de remboursement.
9.2. Côté recruteur/utilisateur
- Bon de commande et devis acceptés.
- Contrat incluant la clause image et le périmètre d’usage.
- Éléments de paie (ou relation avec l’agence employeur) et preuve des paiements.
- Tableau de suivi des usages (dates de fin d’autorisation pour anticiper une prolongation).
Pour un premier job, passez en revue la checklist des vérifications avant de dire oui.
10. Négocier la rémunération : méthode simple et vérifiable
10.1. Avant de parler prix
- Clarifiez le but de la production (éditorial, commercial, interne, publicitaire).
- Demandez le plan de diffusion (supports, territoires, durée, sponsorisation, audience).
- Évaluez les contraintes de plateau (horaires, déplacements, risques, confidentialité).
- Vérifiez les exclusivités explicites ou implicites (catégorie de produits).
10.2. Construire une proposition en 3 colonnes
| Colonne | Contenu | Preuves/justifs |
|---|---|---|
| Cachet | Jours, horaires, tâches, ICCP | Contrat, feuille de présence, bulletin |
| Droits | Usage précis, durée, territoire, supports, exclusivité | Contrat/avenant de cession, preuves d’exploitation si indexé |
| Frais | Politique et barèmes | Factures, reçus, e‑mails de validation |
10.3. Garde‑fous
- Ne conditionnez pas la licence d’image au seul paiement du cachet : prévoyez des échéances distinctes.
- Encadrez les extensions par un tarif connu dès le départ (ex. +6 mois, +pays, +sponsorisation).
- Écrivez noir sur blanc ce qui est exclu (ex. publicité télé, affichage, whitelisting) sans avenant.
Besoin d’optimiser votre visibilité pour mieux négocier ? Consultez ce que recherchent les marques en e‑commerce et comment valoriser un profil singulier.
11. Études de cas : comment ventiler les lignes
11.1. E‑commerce mode (fiches produits)
- Cachet : 1 journée studio.
- Droits : usage e‑commerce, monde, 24 mois, organique (sans sponsorisation).
- Frais : transports urbains remboursés sur justificatifs.
Pour maximiser vos chances d’être retenu, vérifiez vos images simples : pourquoi les polaroids comptent autant.
11.2. Lookbook B2B + réseaux sociaux organiques
- Cachet : 1 journée + fitting 2h la veille.
- Droits : lookbook B2B (monde, 6 mois) + réseaux organiques (monde, 12 mois), pas d’ads.
- Frais : A/R train 2e classe, 1 nuit, per diem repas.
11.3. Campagne publicité urbaine
- Cachet : 1 journée prise de vues + 1/2 journée sélection.
- Droits : affichage France 3 mois + digital sponsorisé 3 mois, exclusivité catégorie.
- Frais : déplacements, per diem, assurance production si demandé.
11.4. Défilé
- Cachet : répétitions + show.
- Droits : captations et presse ; définir si la marque sponsorise la diffusion (ads) et si oui, à quelles conditions.
- Frais : déplacements, hébergement si hors ville.
12. Spécificités « jeune mannequin » et situations d’attention
12.1. Contrôle parental et intérêt de l’enfant
Les mineurs nécessitent une vigilance accrue. Référez‑vous aux obligations spécifiques (autorisations, horaires, environnement) et privilégiez des écritures contractuelles simples, avec autorisation claire d’utilisation de l’image signée par les représentants légaux. Consultez notre article « Casting enfant : points d’attention » pour la check‑list des parents.
12.2. Données et retraits d’images de mineurs
La CNIL rappelle que l’autorisation parentale est obligatoire pour exploiter l’image d’un mineur et détaille les voies de retrait en ligne. Voir Service‑Public – Droit à l’image et CNIL – Retrait.
13. Travailler avec une agence, une marque ou un photographe : qui paie quoi ?
13.1. Agence employeur
L’agence signe le contrat de travail, émet le bulletin et reverse le salaire au mannequin. Elle négocie et formalise la licence d’exploitation avec l’utilisateur (marque, annonceur). La loi prévoit que le salaire du mannequin ne peut être inférieur à un pourcentage minimum des sommes versées par l’utilisateur à l’agence, déterminé par convention ou accord collectif. Les frais de carrière avancés par l’agence sont remboursables dans les limites légales par retenues successives plafonnées.
13.2. Marque ou producteur employeur direct
Possible selon l’organisation : la structure devient employeur et doit émettre les bulletins, déclarations URSSAF et s’assurer qu’une clause image conforme existe, détaillant la rémunération d’exploitation et ses conditions. Ressources : URSSAF – cotisations employeur.
13.3. Photographe prestataire
Le photographe n’emploie pas le mannequin sauf s’il en assume la charge salariale et la responsabilité d’employeur pour la prestation. S’il cède ensuite les images à la marque, le périmètre d’usage doit être prévu dès l’origine pour éviter une double négociation hâtive en aval.
14. Preuves, retards, extensions non autorisées : que faire
14.1. Préparer les preuves dès le départ
- Contrat signé et avenants image.
- Feuille de présence, appels mails ou SMS cadrant les horaires.
- Attestations de diffusion si rémunération indexée sur l’exploitation.
- Captures datées des usages visibles (sites, réseaux, affichage).
14.2. En cas de retard de paiement
Relancez avec un récapitulatif des pièces (contrat, facture de droits, RIB, bulletin pour la partie salariale). Maintenez des messages factuels, datés, sans menaces. Si nécessaire, faites‑vous assister par un professionnel (avocat, syndicat, protection juridique).
14.3. En cas d’usage non autorisé
Constituez des captures, horodatez, contactez l’utilisateur pour retirer ou régulariser. Les pages Service‑Public – Droit à l’image et CNIL – Retrait résument les démarches de première intention. Restez mesuré et documenté.
15. Méthode pas à pas : de l’annonce au bulletin
15.1. Côté mannequin ou parent
- Lire l’annonce : vérifiez usage prévu, durée et supports. Si l’annonce est floue, utilisez ce guide pour répondre.
- Envoyer un profil propre : polaroids, mensurations à jour, références utiles. Voir améliorer son profil.
- Demander un devis en 3 volets : cachet, droits, frais.
- Signer un contrat clair intégrant la clause image.
- Faire la prestation : gardez les preuves d’horaires et de tâches.
- Recevoir le bulletin de paie et le paiement des droits, puis le remboursement des frais.
- Archiver : contrat, bulletin, pièces de frais, justificatifs d’usage.
15.2. Côté recruteur
- Rédiger un brief net : objectifs, livrables, calendrier. Inspirez‑vous de notre guide pour un brief efficace.
- Choisir le bon canal : publier un casting ou sourcer via profils modèle.
- Émettre un devis en 3 lignes conforme à la structure proposée.
- Formaliser le contrat avec clause image (R7123‑1), calendrier et politique de frais.
- Organiser la journée et la logistique (transport, per diem, autorisations).
- Payer le cachet via paie, les droits selon échéance, rembourser les frais sur pièces.
- Suivre les usages et programmer les alertes de fin de droits.
16. Erreurs fréquentes à éviter absolument
- Tout mettre en « forfait » : un seul montant pour cachet+droits+frais brouille les responsabilités et la paie.
- Oublier la clause image : c’est une source majeure de contentieux et de redressements.
- Confondre droits d’auteur et droits à l’image : le mannequin n’est pas l’auteur de la photo ; sa rémunération d’exploitation est d’une nature distincte, définie par le contrat et la loi applicable au mannequinat.
- Utiliser l’image hors périmètre (ex. sponsoriser des posts alors que seule l’utilisation organique est autorisée).
- Négliger la traçabilité des paiements et des preuves d’usage.
- Exiger des « packs carrière » non cadrés : les avances d’agence doivent être remboursées selon des règles encadrées et visibles sur bulletins.
17. Critères de décision : comment jauger un devis
17.1. Côté mannequin
- Le cachet couvre‑t‑il honnêtement la durée/contrainte ?
- La licence d’image est‑elle bien délimitée (durée, territoire, supports) ?
- Les extensions sont‑elles chiffrées d’avance ?
- La politique de frais est‑elle écrite et réaliste ?
- Ai‑je des éléments factuels pour prouver la prestation et l’usage ?
17.2. Côté recruteur
- Le périmètre d’utilisation correspond‑il au plan média réel ?
- Le calendrier de paiement est‑il praticable (paie, droits, frais) ?
- Les documents obligatoires sont‑ils prêts (contrat, clause image, mentions RGPD) ?
- Le dispositif de preuve d’exploitation est‑il prévu si la rémunération y est indexée ?
18. Foire aux questions (FAQ)
18.1. « Peut‑on payer uniquement en droits sans bulletin ? »
Non, pas lorsque la prestation suppose la présence du mannequin. La présomption de salariat s’applique (articles L7123‑3 et L7123‑4 du Code du travail). Le cachet doit donner lieu à paie et bulletin, en plus d’une éventuelle rémunération d’exploitation.
18.2. « La marque peut‑elle sponsoriser des posts si seule l’utilisation organique a été cédée ? »
Non, la sponsorisation est une extension d’usage. Il faut un avenant précisant durée, territoires et budget, assorti d’une rémunération complémentaire.
18.3. « Les frais peuvent‑ils être confondus avec la rémunération ? »
Non. Les frais sont des remboursements de coûts, fondés sur des pièces. Les frais de carrière avancés par une agence ne peuvent être repris que via des retenues successives plafonnées sur salaires/remises exigibles (article L7123‑9). Exigez l’écrit et la traçabilité.
18.4. « Qui détient les preuves en cas de litige d’usage d’image ? »
Chacun doit conserver ses pièces. Côté utilisateur, tenez un registre des supports et dates de fin d’autorisation. Côté mannequin, archivez les captures datées d’exploitation. En cas de diffusion en ligne non autorisée, la CNIL décrit les étapes de retrait.
18.5. « Quid des contenus éditoriaux (presse, magazine) ? »
Les pratiques d’autorisation y sont spécifiques. On recommande un écrit même pour un usage éditorial, surtout en cas de republication commerciale ultérieure. Définissez les limites de réutilisation et les extensions payantes éventuelles.
18.6. « Une exclusivité doit‑elle toujours être rémunérée ? »
Oui, car elle limite l’activité du mannequin sur une catégorie de produits, une zone ou une période. Chiffrez‑la distinctement, avec une durée claire et des produits précisément listés.
18.7. « Comment me préparer pour obtenir de meilleures missions ? »
Un profil net et actuel compte autant que la négociation. Mettez à jour votre book (méthode complète), vos polaroids (pourquoi et comment) et répondez aux annonces avec précision (éviter les pièges). Côté recruteur, un brief casting clair fait gagner du temps à tous.
19. Checklists prêtes à l’emploi
19.1. Pour un mannequin avant signature
- J’ai reçu un devis en 3 parties : cachet, droits, frais.
- Le contrat mentionne les conditions d’exploitation de l’image et leurs tarifs.
- Les extensions (sponsorisation, pays, durée) sont prévues.
- La politique de frais est écrite (plafonds, pièces, délais).
- Je connais l’échéance de paiement du cachet, des droits et des frais.
- Mon profil est à jour : photo, mesures, liens.
19.2. Pour un recruteur avant tournage
- Brief validé et plan média réaliste.
- Contrat prêt avec clause image conforme et politique frais.
- Process paie/URSSAF calé ou agence employeur identifiée.
- Tableau d’échéances de droits créé (rappels à J‑30).
- Canal de sourcing opérationnel : publier un casting ou déposer une offre.
20. Annexes pratiques
20.1. Tableau mémo « Qui paie quoi ? »
| Élément | Nature | Qui émet | Preuve |
|---|---|---|---|
| Cachet | Salaire | Employeur (agence ou utilisateur) | Contrat, bulletin, virement |
| Droits d’exploitation | Licence d’usage | Utilisateur (ou via agence) | Contrat/avenant, justificatifs d’exploitation si variable |
| Frais | Remboursement | Employeur ou utilisateur | Justificatifs, feuille de frais |
20.2. Bons réflexes pour profils atypiques
Si votre singularité est votre force, sachez la cadrer pour la valoriser sans stéréotypes. Voir notre guide diversité sans clichés. Pour les castings de proximité, organiser un casting local aide à fixer des attentes réalistes et une gestion simple des frais.
21. Ressources officielles consultées
- Code du travail – Mannequins (L7123‑1 à L7123‑10) : définition, présomption de salariat, rémunération d’exploitation, congés payés, remboursement des frais avancés.
- Code du travail numérique – R7123‑1 : clause obligatoire sur l’autorisation et la rémunération de l’exploitation de l’enregistrement.
- URSSAF – Les cotisations : assiette et principes de calcul des cotisations sociales des employeurs.
- Service‑Public – Droit à l’image et respect de la vie privée : autorisation et démarches de retrait.
- CNIL – Demander le retrait d’une image en ligne : étapes concrètes en cas de diffusion non autorisée.
22. Pour aller plus loin sur ShootingMode
- Préparer un book qui inspire confiance
- Répondre à une annonce sans se griller
- Polaroids : pourquoi les photos simples comptent
- Rédiger un brief casting clair
- Premier shooting rémunéré : les vérifications
- Casting enfant : points d’attention
- Droits à l’image : ce qu’un mannequin doit vérifier
- Améliorer son profil casting en 30 minutes
- Casting e‑commerce : ce que recherchent les marques
- Organiser un casting local
- Profils atypiques et diversité : valoriser sa singularité
- Créer un compte et voir les castings
Rappel : ce dossier présente des repères généraux valables en France au 19 juillet 2026. Les textes cités sont susceptibles d’évoluer ; vérifiez toujours la version en vigueur et demandez conseil pour votre cas individuel.
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